Humidité

Condensation et moisissures dans un logement rénové : ventilation et isolation

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Condensation et moisissures dans un logement rénové : ventilation et isolation

Fenêtres neuves, murs isolés, chauffage remplacé : le logement est plus confortable, et pourtant la buée ruisselle sur les vitres le matin et des taches noires apparaissent dans les angles. Dans les appartements rénovés de Carcassonne, de Narbonne ou de Limoux comme dans les maisons isolées récemment, la condensation est le revers d’une rénovation sans ventilation adaptée.

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L’essentiel

Un logement produit chaque jour plusieurs litres de vapeur d’eau, par la respiration, la cuisine, les douches et le linge. Avant travaux, les fenêtres peu étanches et les cheminées assuraient un renouvellement d’air spontané. Une fois le logement rendu étanche, cette vapeur reste à l’intérieur et se condense sur les surfaces les plus froides. La solution passe par une ventilation efficace et par le traitement des ponts thermiques, après un diagnostic qui écarte les autres sources d’humidité. Les règles sont les mêmes pour un propriétaire occupant et pour un logement loué.

La condensation se traite par l’air qui circule, pas par une peinture anti humidité.

Le mécanisme

D’où vient l’eau qui se condense

L’air contient de la vapeur d’eau en quantité variable, et sa capacité à en contenir diminue lorsqu’il se refroidit. Au contact d’une surface froide, vitre, angle de mur, tableau de fenêtre, l’air se refroidit et rejette l’excès de vapeur sous forme de gouttelettes : c’est la condensation. Une famille de quatre personnes produit chaque jour une quantité d’eau importante, de l’ordre de plusieurs litres, par la respiration, la cuisine, la toilette et le séchage du linge.

Cette vapeur doit être évacuée par le renouvellement de l’air. Dans un logement ancien, les menuiseries peu étanches, les conduits de cheminée et les défauts de l’enveloppe assuraient ce renouvellement, au prix de déperditions de chaleur. La rénovation supprime ces fuites, ce qui est l’objectif recherché, mais elle supprime aussi la ventilation spontanée. Sans dispositif de remplacement, l’humidité intérieure monte et se condense dès que les températures baissent. Le phénomène est le même dans un appartement du centre ancien de Carcassonne que dans une maison des années 1970 du Lauragais dont on a changé les menuiseries.

Les signes

Reconnaître la condensation

La condensation se manifeste par de la buée sur les vitres, surtout le matin et dans les chambres, par des gouttes qui coulent sur les menuiseries et noircissent les joints, par des moisissures noires dans les angles des murs et des plafonds, derrière les meubles plaqués contre les murs extérieurs et dans les placards. Elle varie avec l’occupation : plus marquée en hiver, lorsque les fenêtres restent fermées, et dans les pièces où l’on produit de la vapeur, salle de bains, cuisine, chambres.

D’autres causes laissent des traces voisines. Une infiltration par une façade ou une toiture apparaît après les pluies et se localise sous le point d’entrée. Une remontée capillaire touche le pied des murs de façon régulière. Une fuite de canalisation crée une tache qui s’étend autour d’un point. Le diagnostic distingue ces sources avant de proposer des travaux, comme le détaille notre article sur les remontées capillaires.

Les ponts thermiques

Les points froids de l’enveloppe

Même dans un logement ventilé, la condensation se concentre sur les points froids : angles de murs extérieurs, jonctions entre murs et planchers, linteaux et tableaux de fenêtres, poutres en béton, coffres de volets roulants. Une isolation intérieure interrompue au droit d’un plancher ou d’un refend laisse un pont thermique où la paroi reste froide. Une fenêtre neuve posée sans retour d’isolant sur le tableau crée un cadre froid autour de la vitre, où les moisissures apparaissent en premier.

La caméra thermique révèle ces points froids, qui apparaissent nettement plus froids que le reste de la paroi. L’expert les relève et évalue s’ils peuvent être corrigés, par un complément d’isolation, un retour d’isolant en tableau ou un traitement de la jonction, ou s’il faut compenser par une ventilation renforcée. Dans les immeubles anciens, isoler par l’intérieur un mur en pierre impose aussi de réfléchir à son comportement face à l’humidité, comme l’explique notre article sur l’isolation d’une maison ancienne.

Moisissures noires dans un angle de plafond

Les moisissures noires apparaissent d’abord dans les angles, là où la paroi est la plus froide.

La ventilation

Renouveler l’air sans gaspiller

Une ventilation efficace extrait l’air humide dans les pièces de service, cuisine, salle de bains, toilettes, et fait entrer l’air neuf dans les pièces de vie par des entrées d’air placées sur les menuiseries ou les murs. L’air circule sous les portes, qui doivent être détalonnées. Une ventilation mécanique contrôlée simple flux hygroréglable adapte son débit à l’humidité, une ventilation double flux récupère la chaleur de l’air extrait. Dans les deux cas, le dispositif doit être dimensionné, entretenu et jamais obstrué.

Les erreurs courantes sont connues : entrées d’air bouchées pour éviter les courants d’air, bouches d’extraction encrassées, ventilation coupée pour réduire la facture, hotte de cuisine sans extraction extérieure, sèche linge à condensation sans évacuation. Une aération quotidienne de quelques minutes, fenêtres grandes ouvertes, complète utilement la ventilation. L’expert mesure les débits aux bouches et vérifie que l’ensemble du circuit fonctionne.

Le logement loué

Qui est responsable

Le propriétaire bailleur doit fournir un logement décent, ce qui inclut une aération suffisante et des dispositifs de ventilation en bon état de fonctionnement. Le locataire doit en assurer l’usage normal et l’entretien courant : ne pas boucher les entrées d’air, nettoyer les bouches, aérer et chauffer suffisamment. En cas de désaccord sur l’origine des moisissures, un rapport d’expertise indépendant établit si elles viennent d’un défaut du bâtiment ou de son occupation.

Après une rénovation, le défaut de ventilation est le plus probable lorsque les fenêtres ont été remplacées sans entrées d’air ou que la ventilation n’a pas été adaptée à l’isolation. Les travaux réalisés depuis moins d’un an relèvent de la garantie de parfait achèvement, les équipements comme la ventilation mécanique de la garantie biennale pendant deux ans. Notre expertise humidité fournit les éléments techniques utiles.

Les solutions

Ce qu’il faut faire

La première étape est de mesurer : taux d’humidité de l’air, température des parois, débits de ventilation, et de vérifier l’absence d’infiltration ou de fuite. L’humidité relative intérieure se situe idéalement entre quarante et soixante pour cent. Ensuite, les corrections suivent un ordre logique : rétablir les entrées d’air et les extractions, créer ou adapter une ventilation mécanique, traiter les ponts thermiques les plus marqués, puis nettoyer et traiter les moisissures, et refaire les finitions.

Une peinture anti moisissures ou un déshumidificateur traitent les symptômes, pas la cause : utiles en appoint, ils ne remplacent pas une ventilation qui fonctionne. Pour une résidence secondaire du littoral, notre article sur les maisons du bord de mer donne des conseils propres aux logements fermés une partie de l’année. Les prix de nos expertises sont publiés sur la page nos tarifs.

Expert contrôlant le débit d'une bouche de ventilation

Le débit d’une bouche d’extraction se mesure pour vérifier que la ventilation remplit son rôle.

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Pourquoi ai je de la buée depuis le changement de mes fenêtres ?

Les fenêtres étanches ont supprimé le renouvellement d’air spontané ; une ventilation adaptée doit le remplacer.

Quel taux d’humidité viser dans un logement ?

Entre quarante et soixante pour cent d’humidité relative, mesurés avec un hygromètre.

Les entrées d’air sont elles indispensables ?

Oui, elles alimentent la ventilation en air neuf ; les boucher provoque condensation et moisissures.

Une peinture anti humidité suffit elle ?

Non, elle masque les moisissures sans traiter l’excès de vapeur ni les ponts thermiques.

Le propriétaire doit il régler un problème de ventilation ?

Oui, il doit fournir des dispositifs d’aération en bon état ; le locataire en assure l’usage et l’entretien.

Comment distinguer condensation et infiltration ?

La condensation varie avec l’occupation et le froid, l’infiltration apparaît après la pluie sous un point d’entrée.

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Décrivez nous votre situation : un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Agence de la transition écologique, ventiler son logement
  • Décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002 relatif aux caractéristiques du logement décent, Légifrance
  • Agence Qualité Construction, l’humidité dans les bâtiments


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