Après une inondation dans l’Aude : sécher et contrôler sa maison
Quand l’eau se retire, la maison paraît sauvée, mais l’essentiel commence : nettoyer, déposer ce qui ne sèchera pas, assécher les murs et contrôler les réseaux avant de reconstruire. Dans l’Aude, des crues de 1999 à celles de 2018 et aux épisodes plus récents, les sinistrés ont appris qu’une remise en état trop rapide coûte cher.
Humidité
Après une inondation, la priorité est la sécurité, puis la conservation des preuves pour l’assurance, puis le séchage. Un mur en maçonnerie gorgé d’eau met des semaines, parfois des mois, à sécher, et le refermer trop tôt sous un enduit ou un doublage provoque moisissures et dégradations. Les matériaux qui retiennent l’eau, plâtre, isolants, parquets, se déposent. L’expertise mesure l’humidité, relève les désordres et vous dit quand il est possible de reconstruire. Les étapes et les délais sont les mêmes pour une maison ou un appartement en rez de chaussée.
Ne refermez jamais un mur avant d’avoir mesuré qu’il est sec.
Sécurité et preuves
Avant de rentrer dans la maison, assurez vous que l’électricité et le gaz sont coupés, et ne remettez pas le courant sans l’avis d’un électricien : un tableau ou des prises restés sous l’eau peuvent provoquer un court circuit ou une électrocution. Méfiez vous des planchers bois gorgés d’eau, des plafonds en plâtre alourdis et des murs de clôture fragilisés. Portez des gants et des bottes, car l’eau de crue transporte boues, hydrocarbures et eaux usées.
Photographiez et filmez chaque pièce, la hauteur atteinte par l’eau, les biens endommagés et les dégâts extérieurs avant de nettoyer. Prévenez votre assureur sans attendre, même si l’arrêté de catastrophe naturelle n’est pas encore publié : vous disposerez ensuite de trente jours après sa publication au Journal officiel pour déclarer le sinistre. Conservez les objets endommagés et les factures jusqu’au passage de l’expert de l’assurance, ou documentez soigneusement ce que vous devez jeter pour des raisons d’hygiène.
Évacuer l’eau, la boue et les matériaux perdus
L’eau stagnante et la boue s’évacuent le plus tôt possible, en commençant par les pièces basses. Les sols, les murs et les objets récupérables se nettoient à l’eau claire puis se désinfectent. Les matériaux qui absorbent l’eau et ne la restituent pas se déposent : plaques de plâtre et doublages jusqu’au dessus de la hauteur atteinte par l’eau, isolants en laine minérale, parquets flottants, moquettes, menuiseries intérieures en aggloméré. Les laisser en place enferme l’humidité dans les murs.
Les bois massifs, planchers, poutres et menuiseries, peuvent être conservés s’ils sèchent lentement et sans déformation excessive. Les équipements électriques et électroniques restés sous l’eau sont à faire contrôler ou à remplacer. Les réseaux d’évacuation se vérifient, car ils ont pu se remplir de boue, et la fosse septique, le cas échéant, se vidange et se contrôle. Le guide publié par les pouvoirs publics sur Géorisques rappelle ces étapes et les précautions sanitaires. Les vides sanitaires et les caves se vident aussi de leur boue, car un sol resté humide sous la maison entretient l’humidité des planchers et des murs pendant des mois.
Laisser le temps aux murs
Un mur en pierre ou en brique gorgé d’eau sèche lentement, de l’ordre de plusieurs semaines à plusieurs mois selon son épaisseur, la saison et la ventilation. Le séchage se favorise en ouvrant largement dès que le temps le permet, en chauffant modérément, en utilisant des déshumidificateurs dans les pièces fermées, et en dégageant le pied des murs. Un chauffage trop fort et trop rapide fait fissurer les enduits et déforme les bois, sans accélérer le séchage du cœur des maçonneries.
Le seul moyen de savoir si un mur est prêt à être refermé est de mesurer son humidité, à plusieurs hauteurs et dans l’épaisseur. Un enduit refait ou un doublage posé sur un mur encore humide piège l’eau, développe des moisissures et des sels, et se dégrade en quelques mois. L’expert suit l’évolution des mesures et vous indique quand engager les travaux de finition. Notre expertise humidité intervient dans toutes les communes sinistrées. Dans une maison ancienne en pierre liée à la chaux ou à la terre, le séchage doit être particulièrement progressif, car les mortiers lessivés par l’eau perdent une partie de leur cohésion.

Les plaques de plâtre se déposent au dessus de la hauteur atteinte par l’eau pour laisser sécher le mur.
Ce qu’il faut vérifier avant de reconstruire
Au delà de l’humidité, l’inondation a pu endommager la structure : fondations affouillées par le courant, dallage affaissé, murs fissurés par la poussée de l’eau, planchers bois déformés. Les fissures qui apparaissent pendant le séchage doivent être relevées, car certaines viennent du retrait des matériaux et d’autres d’un mouvement du sol. Notre article sur les fissures après une inondation détaille ces distinctions.
L’expert vérifie aussi l’installation électrique, avant la remise en service par un professionnel, l’état des réseaux et des clapets, la présence de moisissures dans les doublages restés en place et dans les combles si l’eau est montée haut. Son rapport décrit les dommages, les mesures d’humidité, les travaux nécessaires et leur ordre. Il sert de base aux échanges avec l’assureur et les entreprises, et de mémoire pour la maison.
Faire valoir ses droits
La garantie catastrophe naturelle de votre contrat d’habitation couvre les dommages matériels directs causés par l’inondation, dès lors qu’un arrêté reconnaît l’état de catastrophe naturelle pour la commune. Une franchise légale reste à votre charge. L’expert de l’assureur évalue les dommages ; vous pouvez vous faire assister par votre propre expert si l’évaluation vous paraît incomplète, notamment pour les désordres qui apparaissent après le séchage.
Dans l’Aude, la base Géorisques recense par exemple 24 reconnaissances pour inondations et coulées de boue à Narbonne, 15 à Carcassonne et 14 à Coursan ou à Cuxac-d’Aude. Une maison peut donc avoir été sinistrée plusieurs fois, et il est utile de conserver les rapports et factures de chaque épisode : ils facilitent l’instruction des sinistres suivants et répondent aux questions d’un futur acquéreur. Si vous êtes locataire, prévenez aussi votre propriétaire, qui doit déclarer les dommages au bâtiment auprès de son propre assureur.
Reconstruire moins vulnérable
La remise en état est l’occasion de réduire les dommages d’une prochaine crue : matériaux qui supportent l’eau en partie basse, enduits à la chaux, carrelage plutôt que parquet, cloisons et doublages hydrofuges, tableau électrique et prises surélevés, clapets anti retour sur les évacuations, batardeaux amovibles devant les ouvertures, zone refuge à l’étage. Le plan de prévention des risques d’inondation de la commune prévoit parfois certaines de ces mesures.
Notre article sur la rénovation après une inondation détaille ces choix. Pour faire le point sur l’état de votre maison et le calendrier des travaux, un expert indépendant, qui ne vend aucune réparation, vous apporte un avis objectif. Les prix de nos expertises sont publiés sur la page nos tarifs.

Mesurer l’humidité dans l’épaisseur du mur indique quand il pourra être refermé.
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Questions fréquentes
Combien de temps un mur met il à sécher ?
Plusieurs semaines à plusieurs mois selon son épaisseur, la saison et la ventilation ; seule la mesure le confirme.
Faut il déposer les doublages ?
Oui jusqu’au dessus de la hauteur d’eau : ils retiennent l’humidité et favorisent les moisissures.
Puis je remettre l’électricité moi même ?
Non, faites contrôler l’installation par un électricien avant toute remise en service.
Quand déclarer le sinistre ?
Prévenez l’assureur dès la crue, puis déclarez au plus tard trente jours après la publication de l’arrêté.
Les déshumidificateurs suffisent ils ?
Ils aident dans les pièces fermées, mais la ventilation et le temps restent indispensables.
Intervenez vous après une inondation ?
Oui, dans toutes les communes de l’Aude, pour mesurer l’humidité et relever les désordres.
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Décrivez nous votre situation : un conseiller vous répond au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.
Sources
- Géorisques, que faire en cas d’inondation, ministère de la Transition écologique
- Code des assurances, articles L125-1 et suivants, régime des catastrophes naturelles, Légifrance
- Centre européen de prévention du risque d’inondation, guides de réduction de la vulnérabilité




