Vices cachés

Inondation passée non déclarée : vice caché, état des risques et recours

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Inondation passée non déclarée : vice caché, état des risques et recours

Vous découvrez, après l’achat, que la maison a été inondée lors d’une crue passée : un voisin vous le raconte, une trace d’eau apparaît sous la peinture, les murs du rez de chaussée restent humides. Dans l’Aude, marquée par les crues de 1999 et de 2018, cette situation arrive. Plusieurs fondements juridiques peuvent alors être mobilisés.

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L’essentiel

Le vendeur doit informer l’acquéreur, dans l’état des risques, des sinistres ayant donné lieu à une indemnisation au titre des catastrophes naturelles pendant sa propriété. À défaut, l’acquéreur peut demander la résolution de la vente ou une diminution du prix. Si l’inondation a laissé des désordres graves masqués par une rénovation, la garantie des vices cachés peut aussi jouer. Dans tous les cas, une expertise établit les traces de l’inondation, son ancienneté et les dommages qu’elle a laissés. Le rapport sert de base à la discussion avec le vendeur.

L’information sur les sinistres indemnisés est une obligation du vendeur, distincte de la garantie des vices cachés. Elle peut s’ajouter à cette garantie.

Le cadre

Ce que le vendeur doit déclarer

Le Code de l’environnement impose au vendeur d’un bien situé dans une commune ayant fait l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle d’informer l’acquéreur, par écrit, des sinistres sur le bien ayant donné lieu au versement d’une indemnité au titre de cette garantie, pendant qu’il en était propriétaire ou dont il a été lui même informé. Cette information figure dans l’état des risques annexé à la promesse et à l’acte. Elle s’ajoute aux informations sur les risques auxquels le bien est exposé.

En cas de manquement à cette obligation, l’acquéreur peut poursuivre la résolution du contrat ou demander au juge une diminution du prix. Cette action est indépendante de la garantie des vices cachés : elle repose sur le défaut d’information, et non sur la gravité d’un désordre. Elle suppose toutefois de démontrer qu’un sinistre a bien été indemnisé et qu’il n’a pas été déclaré, ce qui demande de rassembler des éléments précis. Le délai pour agir et les conditions précises relèvent de l’appréciation de l’avocat, qui vérifiera aussi la rédaction de l’état des risques annexé à l’acte.

Le contexte

Un département marqué par les crues

Les inondations de novembre 1999 dans la basse plaine de l’Aude, de Cuxac-d’Aude à Coursan et à Sallèles-d’Aude, et celles d’octobre 2018 dans le Carcassonnais et la vallée de l’Orbiel, de Villegailhenc à Conques-sur-Orbiel et à Trèbes, ont donné lieu à des arrêtés de catastrophe naturelle dans une large part du département. D’autres épisodes ont suivi, et la base Géorisques recense par exemple 24 arrêtés pour inondations à Narbonne et 15 à Carcassonne. Une part importante des biens de ces communes a été sinistrée puis remise en état.

Une maison remise en état après une crue n’est pas forcément un mauvais achat : beaucoup ont été bien réparées, parfois avec des matériaux plus résistants à l’eau. Le problème naît lorsque l’information n’a pas été donnée, ou lorsque la remise en état a masqué des désordres sans les traiter : murs refermés encore humides, fondations affouillées non reprises, réseaux non contrôlés. C’est alors l’expertise qui permet d’établir les faits.

Les traces

Ce que l’expert recherche

L’expert recherche les traces d’une inondation passée : ligne d’eau résiduelle sur un mur, une porte ou un placard, enduits et doublages refaits sur une bande régulière, plinthes et portes intérieures remplacées, prises électriques déplacées, dépôts de limon dans les gaines, les vides sanitaires ou les caves. Il mesure l’humidité des murs à plusieurs hauteurs et examine les fissures, les dallages et les fondations visibles, qui peuvent avoir souffert d’un tassement ou d’un affouillement.

Il rapproche ces constats de l’historique de la commune, des arrêtés de catastrophe naturelle et de la position du bien par rapport aux zones inondables du plan de prévention. Une remise en état réalisée peu après une crue connue, sur la hauteur atteinte par l’eau dans le quartier, est un indice fort. Notre article sur les fissures après une inondation détaille les désordres structurels que les crues laissent dans les murs. Il examine aussi les réseaux d’évacuation et l’existence de clapets anti retour, qui indiquent si le bien a été adapté après la crue.

Expert examinant le bas d'un encadrement de porte

Une trace d’eau ancienne au bas d’un mur témoigne d’une inondation passée.

Les preuves

Rassembler le dossier

Pour établir qu’un sinistre a été indemnisé, plusieurs sources existent : témoignages de voisins, articles de presse et photographies de l’époque, archives de la mairie, factures d’entreprises intervenues sur le bien, et, lors d’une procédure, demande d’informations à l’assureur du vendeur. Le rapport d’expertise apporte la dimension technique : traces matérielles de l’inondation, datation des réparations, état actuel des murs et des réseaux.

Si l’inondation a laissé des désordres graves non visibles lors de la visite, l’action en garantie des vices cachés peut s’ajouter, dans les deux ans de la découverte. Les deux fondements peuvent être articulés par l’avocat selon les éléments réunis. Notre article sur les étapes d’un recours détaille la démarche, de la recherche du vice à l’expertise amiable contradictoire et à la procédure. Un notaire peut aussi être interrogé sur les documents annexés à l’acte et sur leur date.

Les démarches

Ce qu’il faut faire

Photographiez les traces et les désordres, conservez les documents de vente, l’état des risques et l’annonce, et ne réparez pas avant l’expertise. Informez le vendeur par écrit. Faites réaliser une recherche du vice, 990 € TTC, prix publié, qui établit les traces de l’inondation, son ancienneté et les dommages. Si les éléments sont confirmés, une expertise amiable contradictoire, au même prix, réunit le vendeur et son assureur autour des constats.

En parallèle, sécurisez le logement : faites contrôler l’installation électrique si elle a pu être touchée, mesurez l’humidité avant toute remise en peinture, et prévoyez les travaux de réduction de la vulnérabilité si le bien est en zone inondable. Notre article sur la rénovation après une inondation présente les solutions. La page expertise vices cachés détaille notre prestation.

La prévention

Poser les bonnes questions avant d’acheter

Avant d’acheter dans une commune exposée, lisez attentivement l’état des risques et demandez au vendeur, par écrit, si le bien a été inondé et s’il a perçu une indemnisation. Consultez le plan de prévention des risques d’inondation et l’historique des arrêtés sur Géorisques. Lors des visites, regardez le bas des murs, des portes et des placards, et demandez les factures des travaux réalisés en rez de chaussée.

Un bilan avant achat recherche les traces d’inondation et mesure l’humidité derrière les revêtements. Notre article sur l’achat en zone inondable complète ces conseils, et nos prix sont publiés sur la page nos tarifs. Un conseiller vous oriente au 0 805 69 09 69, du lundi au vendredi de 9 h à 19 h.

Documents de vente et état des risques sur une table

Le bas des encadrements de porte conserve parfois les marques laissées par une crue.

Pour aller plus loin

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Questions fréquentes

Questions fréquentes

Le vendeur doit il déclarer une inondation passée ?

Il doit déclarer les sinistres indemnisés au titre des catastrophes naturelles pendant sa propriété.

Que faire si ce n’a pas été déclaré ?

Demander la résolution de la vente ou une diminution du prix, sur la base du défaut d’information.

Une inondation passée est elle un vice caché ?

Elle peut l’être si elle a laissé des désordres graves, cachés lors de la visite.

Comment prouver que la maison a été inondée ?

Par les traces matérielles relevées par l’expert, les témoignages, les factures et l’historique de la commune.

Faut il réparer avant l’expertise ?

Non, seules les mesures de sécurité urgentes, décrites et photographiées.

Combien coûte l’expertise ?

990 € TTC pour la recherche du vice, puis 990 € TTC pour l’expertise amiable contradictoire.

Besoin d’un avis d’expert ?

Décrivez nous votre situation : devis en ligne, ou conseil au 0 805 69 09 69 (appel gratuit), du lundi au vendredi de 9h à 19h.

Sources

  • Code de l’environnement, article L125-5, information des acquéreurs et locataires, Légifrance
  • Code civil, articles 1641 à 1649, garantie des vices cachés, Légifrance
  • Géorisques, base des arrêtés de catastrophe naturelle, ministère de la Transition écologique


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